EN PROJET


LES PETITS CHEVAUX

Destinés à perpétuer la race aryenne, les Lebensborn sont méconnus des Français. Ils sont pourtant le revers du projet atroce et fou des nazis : les camps de la mort d’un côté, les crèches de l’eugénisme de l’autre.
Il apparut tout de suite évident et nécessaire à la Compagnie pARTage de traiter au moyen du théâtre le thème effroyable de ces pouponnières nazies et le parcours des enfants qui en sont issus, cette histoire de maternité tourmentée constituant la suite logique d’une investigation théâtrale sur les femmes au cœur de l’Histoire menée par la compagnie depuis sa création.
Fruit d’une rencontre entre les membres de la Compagnie pARTage et ceux de l’association Pour la mémoire des enfants des Lebensborn, écrite par quatre auteurs, inspirée par les histoires réellement vécues par ces enfants devenus parents et grands-parents, Les Petits chevaux veut transmettre par le chemin de l’art, l’inconcevable destin de ces innocents, oubliés du récit collectif.  



Une écriture collective de quatre auteurs :
Séverine Cojannot, Camille Laplanche, Matthieu Niango et Jeanne Signé.

Mise en scène : Jeanne Signé
Avec : Florence Cabaret, Séverine Cojannot, Samuel Debure, … Distribution en cours

Décors : En cours
Costumes : En cours
Lumières : Sébastien Lanoue, assisté de Valentin Bodier
Son : Jeanne Signé

Production : Compagnie pARTage


LA PIÈCE

Une mère et une fille recherchent leurs origines. Une autre femme est en quête de sa demi-sœur.
Au croisement de ces voies périlleuses, la petite histoire rencontre la grande, éclairant le présent de celles qui ont osé affronter le passé.

Après un énième échec sentimental, Violette revient de mauvaise grâce dans sa petite ville natale de l’Est de la France. Elle apprend que sa mère Hortense, avec qui elle a une relation conflictuelle, a été adoptée quand elle avait trois ans.
Les recherches, difficiles tant sur le plan émotionnel qu’administratif, qu’elles mèneront finalement ensemble, leur feront découvrir une réalité aussi effrayante que méconnue de la seconde guerre mondiale : celle des Lebensborns, “sources de vie” en allemand. Ces sombres maternités érigées dans toute l’Europe, y compris en France, étaient destinées à élever des enfants racialement parfaits pour peupler le Reich de Mille ans que rêvaient d’instaurer les Nazis. Leur enquête les mènera à Lily, fille de SS, qui, depuis l’Allemagne, recherche sa demi-sœur née et abandonnée dans un Lebensborn. Chacune va apporter aux autres ce qui leur manque pour se reconstruire.

NOTE D’INTENTION DES AUTEURS

Lorsque Violette découvre que sa mère Hortense a été adoptée dans l’après-guerre, le passé n’a plus d’autre choix que de surgir et de monter sur scène. Plus encore qu’une quête de leurs origines, c’est leur relation mère-fille qui est en jeu. Mais quel visage a-t-il, ce passé, cet acteur désiré, qui n’est pas celui que l’on croyait ? A-t-il les traits hideux de la faute inexcusable ou bien ceux fatigués de l’erreur pardonnable ?

Au prix de mille tourments, les deux femmes franchiront, en se tenant la main, les portes gravées de runes, au-delà desquelles leur histoire se mêle à la grande Histoire, s’encastre dans l’un de ses pans les plus sombres et les plus méconnus : celui des Lebensborns, ces pouponnières nazies destinées à perpétuer la race aryenne. 

Qui était Angélique, la génitrice d’Hortense, qui l’a abandonnée là, quelque part en Europe ? Une abeille prise dans l’orage d’acier de la guerre, égarée, abîmée, échouée sur la plus belle et la plus vénéneuse des fleurs, le SS Klaus ? Ou bien n’y a-t-il de mauvaise fleur que pour de mauvaises abeilles ? 

Et surtout, ces deux géniteurs-là, qu’ont-ils essaimé sur leur passage et au-delà ? Quel est le poids de leur hérédité ? Nos deux héroïnes, Hortense et Violette, et cette Lily, que la lumière des mystères endormis dévoilera en chemin, sont-elles fatalement d’affreuses plantes, qui ont germé sur cette terre aride et sanglante ?

Au bout de la route douloureuse, il n’y aura peut-être pas de réponse, mais cet entrelac de fantasmes et de réalité qui ne prend vie que sur les planches du théâtre : celui de Metz aujourd’hui, ou bien celui de Metz en 1942, où officiait l’insondable Angélique du temps où les Nazis y triomphaient ? Si Hortense, Violette et Lily réussissent à déjouer le diktat du passé, alors c’est l’art dramatique qui aura opéré, une énième fois, son travail de sublimation. Lui seul saura mettre à distance un passé violent qu’on ne peut bien voir que de loin, au risque de le rendre flou, déformé, disponible pour le délire. Qu’importe : si elles parviennent à le placer à bonne distance, si elles savent le projeter là où il faut, les ficelles du déterminisme s’effilocheront, restituant les êtres à leurs choix et à « ce que nous faisons nous-même de de ce qu’on a fait de nous » (Sartre).

En fixant leur regard sur un passé qui les travaille, Hortense, Violette et Lily, se réconcilieront-elles avec elles-mêmes ? Dépasseront-elles alors la peur de l’Autre ? Au bout du périple, derrière le voile des illusions inévitables, par-delà rêve et cauchemar, elles ne trouveront peut-être pas la vérité, mais plus encore : la liberté.

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