EN PROJET


LES PETITS CHEVAUX
Une histoire d’enfants des Lebensborn

Destinés à perpétuer la race aryenne, les Lebensborn sont méconnus des Français. Ils sont pourtant le revers du projet atroce et fou des nazis : les camps de la mort d’un côté, les crèches de l’eugénisme de l’autre.
Il apparut tout de suite évident et nécessaire à la Compagnie pARTage de traiter au moyen du théâtre le thème effroyable de ces pouponnières nazies et le parcours des enfants qui en sont issus, cette histoire de maternité tourmentée constituant la suite logique d’une investigation théâtrale sur les femmes au cœur de l’Histoire menée par la compagnie depuis sa création.
Fruit d’une rencontre entre les membres de la Compagnie pARTage et ceux de l’association Pour la mémoire des enfants des Lebensborn, écrite par quatre auteurs, inspirée par les histoires réellement vécues par ces enfants devenus parents et grands-parents, Les Petits chevaux veut transmettre par le chemin de l’art, l’inconcevable destin de ces innocents, oubliés du récit collectif.  

Dossier


Presse

Article de L’Est Républicain, du 25 10 2021 : Une pièce de théâtre pour raconter l’histoire des Lebensborn
Sur la lecture fragmentée à l’OMA de Commercy, le 24 octobre 2021 avec le soutien de la ville de Commercy, de l’ONACVG de la Meuse et de la Fondation André Maginot

https://www.estrepublicain.fr/culture-loisirs/2021/10/24/une-piece-de-theatre-pour-raconter-l-histoire-des-lebensborn

Une écriture collective de quatre auteurs :
Séverine Cojannot, Camille Laplanche, Matthieu Niango et Jeanne Signé.

Mise en scène : Jeanne Signé
Avec : Florence Cabaret, Séverine Cojannot, Nadine Darmon, Samuel Debure

Décors : En cours
Costumes : Sylvie Barras
Lumières : Sébastien Lanoue, assisté de Valentin Bodier
Son : Jeanne Signé

Production : Compagnie pARTage et L’Association pour la Mémoire des Enfants des Lebensborn, installée à Nancy depuis 2016
Partenaires : Ville de Commercy, ONACVG, Fédération nationale André Maginot

Partenaires pressentis : Département de la Meuse, Département de Meurthe-et-Moselle, Département de la Moselle, DRAC Grand Est, Goethe Institut, …


LA PIÈCE

Une mère et une fille recherchent leurs origines. Une autre femme est en quête de sa demi-sœur.
Au croisement de ces voies périlleuses, la petite histoire rencontre la grande, éclairant le présent de celles qui ont osé affronter le passé.

RÉSUMÉ DE LA PIÈCE
Violette apprend que sa mère Hortense a été adoptée, et la pousse à retourner sur les traces de son passé pour savoir qui sont ses géniteurs. Leur enquête les met face à une réalité effrayante de la Seconde Guerre mondiale : celle des Lebensborn, des maternités nazies. Elles iront jusqu’en Allemagne, où Hortense découvrira des liens fraternels insoupçonnés. Chacun va apporter aux autres ce qui lui manque pour se reconstruire.


ARGUMENT
Les Lebensborn, érigés dans toute l’Europe y compris en France pour peupler d’enfants de
race prétendument pure le “Reich de Mille ans”, sont largement méconnus. Ils constituent
pourtant le pendant des camps de la mort : l’extermination d’un côté, l’eugénisme de l’autre. Une histoire qu’il est urgent de raconter. Les derniers enfants issus des Lebensborn ont aujourd’hui 80 ans…
Par cette création, nous évoquons aussi le rapatriement des victimes de guerre. Hasardées au milieu des décombres, elles se sont quelques fois vues attribuer des pays, voire des identités qui n’étaient pas les leurs.
Un thème qui fait écho à la crise actuelle des réfugiés.
Plus qu’une pièce mémorielle, c’est d’une histoire de famille dont nous parlons. Une quête des origines qui nous renvoie à nos propres questionnements sur la maternité, la filiation, l’hérédité, la transmission intergénérationnelle ou notre identité.




NOTE D’INTENTION DES AUTEURS

Lorsque Violette découvre que sa mère Hortense a été adoptée dans l’après-guerre, le passé n’a plus d’autre choix que de surgir et de monter sur scène. Plus encore qu’une quête de leurs origines, c’est leur relation mère-fille qui est en jeu. Mais quel visage a-t-il, ce passé, cet acteur désiré, qui n’est pas celui que l’on croyait ? A-t-il les traits hideux de la faute inexcusable ou bien ceux fatigués de l’erreur pardonnable ?

Au prix de mille tourments, les deux femmes franchiront, en se tenant la main, les portes gravées de runes, au-delà desquelles leur histoire se mêle à la grande Histoire, s’encastre dans l’un de ses pans les plus sombres et les plus méconnus : celui des Lebensborns, ces pouponnières nazies destinées à perpétuer la race aryenne. 

Qui était Angélique, la génitrice d’Hortense, qui l’a abandonnée là, quelque part en Europe ? Une abeille prise dans l’orage d’acier de la guerre, égarée, abîmée, échouée sur la plus belle et la plus vénéneuse des fleurs, le SS Klaus ? Ou bien n’y a-t-il de mauvaise fleur que pour de mauvaises abeilles ? 

Et surtout, ces deux géniteurs-là, qu’ont-ils essaimé sur leur passage et au-delà ? Quel est le poids de leur hérédité ? Nos deux héroïnes, Hortense et Violette, et cette Lily, que la lumière des mystères endormis dévoilera en chemin, sont-elles fatalement d’affreuses plantes, qui ont germé sur cette terre aride et sanglante ?

Au bout de la route douloureuse, il n’y aura peut-être pas de réponse, mais cet entrelac de fantasmes et de réalité qui ne prend vie que sur les planches du théâtre : celui de Metz aujourd’hui, ou bien celui de Metz en 1942, où officiait l’insondable Angélique du temps où les Nazis y triomphaient ? Si Hortense, Violette et Lily réussissent à déjouer le diktat du passé, alors c’est l’art dramatique qui aura opéré, une énième fois, son travail de sublimation. Lui seul saura mettre à distance un passé violent qu’on ne peut bien voir que de loin, au risque de le rendre flou, déformé, disponible pour le délire. Qu’importe : si elles parviennent à le placer à bonne distance, si elles savent le projeter là où il faut, les ficelles du déterminisme s’effilocheront, restituant les êtres à leurs choix et à « ce que nous faisons nous-même de de ce qu’on a fait de nous » (Sartre).

En fixant leur regard sur un passé qui les travaille, Hortense, Violette et Lily, se réconcilieront-elles avec elles-mêmes ? Dépasseront-elles alors la peur de l’Autre ? Au bout du périple, derrière le voile des illusions inévitables, par-delà rêve et cauchemar, elles ne trouveront peut-être pas la vérité, mais plus encore : la liberté.

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